La Parole aux auteurs – Benoît Cazabon
24 juillet 2016
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Aujourd’hui nous avons le plaisir de partager avec vous une interview de Benoît Cazabon, auteur de Tout dépend de vous !, coup de cœur du mois.

  • ● Le principal trait de mon caractère ?

La volonté semble dominer. Elle peut prendre la forme d’un contrôle ou se développer dans une orientation plus généreuse. Pourtant, le personnage principal de Tout dépend de vous !, Maxence,  est un expert de l’évitement et de la défilade. Sa compagne, Yasmina, est plus réfléchie et conciliante. Serais-je le produit de ces deux personnages ? L’Ennéagramme me situe comme une personne forte, type 8. Maxence serait un optimiste, celui qui est ou se veut heureux, type 7. Yasmina est la personne bien, calme, facile à vivre, type 9. Or, le type 8 se situe selon la figure de l’ennéagramme entre les deux autres. Coïncidence ?

  • ● La qualité que je préfère chez un homme/une femme ?

L’authenticité m’inspire parce qu’elle donne lieu à une générosité vraie, à des propos sincères, à une présence désintéressée. La personne présente, mais à son affaire m’est attrayante.

  • ● Mon mot préféré ?

Autonomie : il est signe de responsabilité, liberté, simplicité.

  • ● Un mot que je déteste ?

Habitude : je l’associe à paresse et au manque de curiosité. Je trouve peu harmonieux les mots à plus de 5 syllabes : malencontreusement, indivisibilité, par exemple.

  • ● Ma drogue favorite ?

La lecture me sollicite probablement le plus si elle est liée à un questionnement fondamental.

  • ● Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ?

Je suis attiré par une personne simple parce qu’elle est authentique, se manifeste avec humour et elle est confiante en elle-même, ce qui la rend présente sans se mettre en évidence. Je préfère une personne directe dans ses propos, quitte à se tromper. Le contraire est flagornerie et je le détecte vite.

  • ● Mon juron, gros mot ou blasphème favori ?

J’ai perdu cette habitude avec le temps. Ceux qui me restent sont trop banals pour les partager : batèche, merde.

  • ● L’homme ou la femme que je choisirai pour illustrer un nouveau billet de banque ?

J’irais plutôt vers une scène de la nature comme premier choix : une façon de rappeler la fragilité écologique de la Terre. La personne que je choisirais serait illustrée par son œuvre : peintre, écrivain, musicien. Le choix est vaste !

  • ● Le métier que je n’aurais pas aimé faire ?

Je trouve un sens à tous les métiers. Je suis moins inspiré par ceux qui exploitent leurs travaillants ou travaillantes : mineurs, éboueurs, tisserandes industrielles. Tous les boulots de routines me semblent déshumanisants. J’aime particulièrement les métiers d’artisans : ébéniste, poterie, chapelier, charcutier, fromager pour leur côté créatif et leur exigence de discipline (le contraire de la routine) ! Mais ce n’était pas la question.

  • ● La plante, l’arbre ou l’animal dans lequel j’aimerais être réincarné ?

Définitivement le chêne-liège ! Je pourrais vivre mon rêve de transhumance en terre provençale (massif des Maures). J’aurais les pieds au chaud, la tête dans le vent. Je servirais une bonne cause à conserver noblement de bons vins ! Et je vivrai vieux ! On dit jusqu’à 800 ans.

L’élan m’inspire aussi : celui que l’on voit sur un promontoire à observer le troupeau. Contrôler, dominer, ou protéger ? Il est dans un troupeau, mais pas du troupeau. Il n’est jamais seul avec sa solitude !

  • ● Mon principal défaut ?

On me dit excessif. J’ai de la difficulté à l’accepter ou le voir. Il est vrai que je veux accomplir beaucoup de crainte de paraître faible ou incompétent. On peut le voir comme une extension du besoin de contrôler ou un effet de ma volonté. Si on y voyait du courage sous ce défaut, il deviendrait une qualité.

  • ● Ce que je voudrais être ?

Ce que je désire le plus, c’est d’être simple, mais c’est compliqué ! J’arrive lentement à accepter ce qui est. Ce faisant, une vue plus simple du monde apparaît. J’y arriverai quand je serai devenu chêne-liège.

  • ● Mes auteurs favoris ?

Il y a en plusieurs. Favori ne veut pas dire populaire : Montaigne, Spinoza, Camus. J’aime André Comte-Sponville, Alain Finkielkraut, Jean Lenoir, et Edgar Morin, chacun pour des raisons différentes. Pour leur écriture, Marguerite Yourcenar, Marguerite Duras, Romain Gary, Alain Fournier, Anne Hébert. Je me suis instruit auprès de Habermas, U. Eco, Heiddegger, Michel Serres et combien d’autres que je veux relire.

  • ● Mes héros favoris dans la fiction ?

Meursault de L’Étranger de Camus. Jean Valjean des Misérables de Hugo.

  • ● Mes héroïnes favorites dans la fiction ?

Thérèse Desqueyroux, du roman du même titre de François Mauriac, quelle tragédie.

  • ● Mes héros dans la vie réelle ?

Mes petits-enfants ! L’innocence, la flexibilité, la spontanéité et la créativité réunies.

  • ● Ce que je déteste par-dessus tout ?

La dépendance parce que c’est le contraire de ce que j’ai répondu à la 1ère question. L’opiniâtreté est une déformation de la volonté. Il m’en reste quelques vestiges que je vois comme de la persévérance. Ce qu’on peut être aveugle sur soi-même.

  • ● Mon état d’esprit actuel ?

Centré sans être dirigé vers un résultat : je pourrais dire, présent. Je suis attentif à ce que je ressens, à ce que je pense, à ce qui se présente à moi.

  • ● Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence ?

Perdre son temps, si c’est pour lire ou écrire. Sinon, je l’assimile à de la paresse et je deviens intolérant. La naïveté aussi que j’apparente à de la candeur, à condition que l’on garde un sens critique et que l’on pratique le doute. Il y a une contradiction évidente ici, n’est-ce pas ? Candeur et doute vont-ils de pair ? Le premier se dirige vers l’innocence, le second vers le scepticisme. À l’heure actuelle, on a tellement besoin du premier, un retour au sacré.

  • ● Ma devise ?

Sapere aude! Ose savoir, emprunté à Horace. On dit plutôt aujourd’hui : Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! C’est un peu le leitmotiv des Lumières. Isaac Casaubon, l’humaniste (1559-1614) aurait aimé s’en inspirer (p.200 de Tout dépend de vous !), mais l’intolérance religieuse de l’époque l’en empêchait.   Je pourrais me laisser tenter par : Tout dépend de vous ! Il réunit volonté, laisser-aller, confiance dans la vie ou assumer ce qui est.

Vous pouvez également retrouver une interview télévisée de Benoît Cazabon ici.

Pour commander son ouvrage, cliquez ici.

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4 comments

  1. Félicitations pour votre bel ouvrage et rendez-vous au salon de Sherbrooke du 13 au 16 Octobre 2016.

      1. Sans faute! J’y serai. Merci de votre soutien.

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